Eric Walter, secrétaire général de la Hadopi, a participé à un chat proposé par La Tribune.
Outre le fait que ce chat était lamentable du point de vue technique (j’entends sur Twitter qu’on était déconnecté à tour de bras, que le serveur n’a pas tenu la charge,…), on apprend rien de plus sur la Hadopi qu’on ne savait déjà. Rien de rien.
Mais j’ai hurlé de rire:
Voir Wikipedia, stream.
en informatique, une technique consistant à transmettre des données à un utilisateur et à les lui rendre disponible quasiment aussitôt (c’est-à-dire pratiquement en direct) pour ainsi lui éviter l’attente du téléchargement de l’ensemble des données (rassemblées dans un fichier). Ces données sont la plupart du temps de l’audio ou de la vidéo (flux vidéo, video stream et flux audio audio stream). Le terme est également employé en français dans ce sens.
Un stream, vous l’aurez compris, c’est ce que vous trouvez à foison sur Fansub Streaming: vous pouvez regarder les vidéos « en direct » sans devoir les télécharger en entier. En soit, la technologie du streaming est neutre et parfaitement légale.
Or, « honte a toi » a confondu stream et transmission d’un fichier de pair à pair. Et Eric Walter persévère dans l’erreur (ça fait tache, pour le secrétaire général de la Hadopi). Un téléchargement avec eMule, ou Bittorrent, cas concernés par la loi Hadopi, ce n’est pas du streaming.
Le streaming n’est absolument pas concerné par la loi Hadopi.
N’empêche: remarquez que la Hadopi ne fera aucun contrôle, se contenant de jouer les intermédiaires entre ayants-droit, FAI et abonnés. En clair: les saisines des ayants-droit seront toujours considérées valides et exemptes d’erreurs.
Je réécris cette phrase différemment ? Une Haute Autorité gouvernementale agissant sur une composante essentielle de la liberté d’expression fait aveuglément confiance à des sociétés privées à but lucratif.
J’en ris tellement c’est absurde pour « le pays des Droits de l’Homme » .









C’est ton article qui fait hurler de rire !
Informe toi un peu : le streaming comme tout le reste est concerné et honte à toi comme walter ont raison. Au fait, sinon, c’est quoi ton pbm avec des sociétés privées à but lucratif là ? C’est quoi le rapport avec les droits de l’homme ? Faudrait un peu expliquer avant de mettre des belles phrases en gras
Le rapport, mon cher Poedit, c’est que si un ayant droit (Disney par exemple) chope ton IP en train de télécharger son dernier film à gros budget, la Hadopi dira que c’est toi, sans pendre la peine de vérifier. Donc si tu y est pour rien, qu’un méchant pirate à spoofé ton IP, c’est quand-même toi qui est réputé avoir piraté.
De plus, je rappelle que légalement la Hadopi sanctionne la non sécurisation de sa ligne et son IP, non le téléchargement lui même. On peut donc avoir à faire à l’Hadopi, et rajouter à cela une condamnation pour contre-façon.
poedit: le streaming n’est pas concerné par la Hadopi. Exactement comme pour le « direct download », TMG ne peut pas collecter les adresses IP des téléchargeurs. Quand à demander la suspension de l’accès internet de sociétés d’hébergement disposant de plages entières d’IPv4 (sans parler des IPv6), c’est:
1) pas prévu par la loi Hadopi
2) un suicide judiciaire
3) une catastrophe médiatique
Bigou a bien résumé sur le second point. Petite précision: le président de la république est le garant de la constitution. Douce ironie du sort, il fallait que Sarkozy se mange une censure du Conseil Constitutionnel parce que l’accès internet a été reconnu comme une composante essentielle de la liberté d’expression (d’où l’obligation à présent de saisir le parquet et d’obtenir décision d’un juge avant de couper l’accès internet).
Le problème c’est qu’il y a introduction d’une notion de milice privée: ce n’est pas à des entreprises de faire la loi dans un pays. Non seulement de rédiger cette loi, mais aussi se charger de l’appliquer. Il y a collusion d’intérêts et on le remarque très clairement dans les communiqués des différents concernés:
quand le SNEP, une société de gestion collective des droits d’auteurs, se pavane devant une caméra pour annoncer le repérage de centaines de milliers d’IP par mois, jetées en pâture à la Hadopi, il y a comme un malaise. Pas d’être repéré (ça me ferait bien rire), mais pour tout cet arsenal stupide qui ne sert à rien et qui ne répond pas aux question fondamentales: le droit d’auteur au XXIe siècle.
Je sais très bien que HADOPI c’est du DADVSI-bis, mais c’est sur le principe que je gerbe.
mitsukarenai, qu’on en arrive à des trucs comme hadopi etc me gave autant que beaucoup de monde, le seul truc c que j’aime bien savoir de quoi on parle. La loi concerne tout type de techno, il suffit de la lire donc ça vaut vraiment pas trop la peine de causer des heures là dessus. C meme inquiétant et c bien pour ça qu’on peut pas dire n’importe quoi.
Que TMG, qui n’a rien a voir avec la loi, ne puisse pas faire autre chose que du p2p c complètement différent. TMG c juste le presta de sociétes qui effectue un travail autorisé par la cnil.
Bigou a tort sur un point : c faux aussi de dire que légalement hadopi sanctionne qqch. Légalement hadopi ne sanctionne pas justement, c toute la censure du conseil constitutionnel. Si qqn est sanctionné c par le juge. Mais Bigou a raison quand il dit qu’on peut avoir à faire à l’hadopi et en plus etre condamné pour contrefaçon.
Sur le reste (milice privée etc) je suis pas du tout d’accord avec vous mais c pas trop interessant, ce qui est interessant c ce que tu appelles les questions fondamentales et la je suis tout a fait d’accord avec toi : ça n’y répond pas.
Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit
Les lois Hadopi n’abrogent pas l’article L335-2 du code de la propriété intellectuelle:
La contrefaçon en France d’ouvrages publiés en France ou à l’étranger est punie de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. (Legifrance)
Le principal reproche que je peux faire à cette disposition (datant de la DADVSI), c’est qu’elle ne fait aucune distinction entre la contrefaçon industrielle (entreprise qui commercialise une œuvre sans autorisation de l’ayant droit) et le petit partage entre amis (non commercial). Bien sûr un juge en tiendra compte (James Climent n’est pas en prison, par exemple). D’ailleurs, la jurisprudence espagnole marque un réel progrès en ce sens
Pour en revenir à la Hadopi, je me pose la question: faut-il offrir autant de visibilité que ça à cette autorité ? J’entends par là: ils jouent avec la presse notamment Pcinpact, Numerama et ReadWriteWeb, ils comptent sur les « lol, j’ai reçu un mail de la Hadopi » sur Twitter et Facebook pour appuyer leur propagande, alors qu’on sait pertinemment que très rares seront les déconnectés, s’il y en a. D’ici 10 ans, ça ne sera qu’un mauvais souvenir, un triste épisode du droit d’auteur à l’ère du numérique. Du moins, je l’appelle de mes vœux.
LOL on dit la même chose :
« Mais Bigou a raison quand il dit qu’on peut avoir à faire à l’hadopi et en plus etre condamné pour contrefaçon. »
« Les lois Hadopi n’abrogent pas l’article L335-2 du code de la propriété intellectuelle »
C’est juste quand l’auteur du billet dit « Le streaming n’est absolument pas concerné par la loi Hadopi » qu’il se plante complètement, même si on sait tous que les moyens techniques mis en oeuvre pour l’instant par les sociétés d’auteur ne visent que le p2p, ça veut pas dire que demain ils vont pas faire autre chose … justement parce que loi leur permet. Et vu que la cnil a déjà autorisé sur le p2p …
Pour le reste … t’as pas tort
me pose souvent la meme question, mais bon … c à ceux que tu cites qu’il faut la poser.
LOL !!!!! c toi l’auteur du billet … pfff, j’ai lu trop vite tiens moi. Allez … repos et zénitude
Pour reprendre l’analogie du code de la route (très appréciée par les pro-Hadopi): que diriez-vous si les opérateurs qui gèrent les radars automatiques ne soient pas des officiers de police mais des agents salariés de Total/Elf/Shell/Esso ?
« on sait pertinemment que très rares seront les déconnectés, s’il y en a »
Faudrait déjà qu’ils forcent les FAI à le faire gratos, sauf que la loi oblige la rémunération de l’identification des internautes (dans les 8€ par IP), et il faudrait investir dans le réseau pour permettre ce type de traitement des données, ce qui est évalué en gros à 100M€ annuels…
Et puis à la liste musicale et vidéo se sont greffées il y a peu les jeux vidéos et programmes, alourdissant d’autant plus le système.
Tout ce que Hadopi va faire, outre condamner 2-3 noobs représentatifs pour l’exemple, c’est pousser vers les technologies de masquage et d’anonymat.
Au final ils seront dans l’incapacité de faire quoi que ce soit.
Et puis rappelons quand même que les artistes n’y gagnent absolument rien, contrairement à ce qui est claironné par le gouvernement et les sociétés privées de collecte, SNEP, SACEM…
Ni dans la théorie, ni dans la pratique ça ne profite aux artistes. Même si ces lois devaient remplir leurs objectifs, ceux qui s’engraisseront seront les sociétés de gestion collective et les majors. Les artistes, eux, ne ressentiraient même pas cela sur leurs royalities.
Histoire de remuer le couteau dans la plaie: avec leurs idioties, de nombreux consommateurs de culture (comme moi) n’achètent plus rien, bloquent les publicités de Deezer (et contournent les limitations) mais plus encore sont devenus éperdument amoureux de la culture ouverte telle qu’on peut la trouver sur des sites comme Jamendo. La culture ne peut qu’être partagée pour avoir du succès
C’est pas pour rien que Fansub Streaming est copyleft !