Cet article est de nature non neutre, faisant notamment référence à l’affaire James Climent versus SACEM & SDRM.
SACEM: Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique.
Je préfère la définir comme étant l’exemple le plus extrême d’escroquerie impunie multirécidiviste en bande organisée. Et encore, cette définition est d’une virulence atténuée car sinon la moitié des tribunaux de France et de Navarre seront saisis de plaintes contre X pour diffamation
Les intéressés pourront toujours tenter de démontrer le contraire, je sais de quoi je parle. Ma haine n’est jamais injustifiée.
Tout d’abord, il convient de décrire ces affreux jojos: c’est une société de collecte des droits d’auteurs auprès de laquelle beaucoup de musiciens ont signé, espérant naïvement que ça leur rapporte des sous. Las ! C’est surtout la SACEM qui en profite, les artistes y perdent tout. Vous allez voir.
Quand est-ce que ces rapaces de la SACEM fondent sur vous ? Je vais prendre un exemple concret: vous avez décidé d’ouvrir un bistrot. Évidemment, et à fortiori depuis l’interdiction de fumer dans les lieux accueillant du public, vous avez envie de rendre vos locaux un peu plus chaleureux en y installant la radio, qui diffuse de la musique. La musique, les artistes concernés ont signé à la SACEM, et le fait d’en diffuser dans votre bistrot vous permet d’en tirer un bénéfice financier (on reste en général plus longtemps quand il y a de la musique, donc on consomme plus). Par conséquent, deux représentants de la SACEM vont passer pour vous réclamer leur dû, conformément au droit d’auteur. A eux la charge ensuite de répartir cette somme entre tous les artistes diffusés (je vous vois rire, déjà).
Tout partait d’une bonne idée: pourquoi les artistes ne pourraient-ils pas profiter du profit fait avec leur création ?
Sauf que. En 3 mots, pour résumer la situation actuelle: c’est une catastrophe. Même menacé de mort, je refuserai de déposer mes créations auprès de la SACEM. Jugez plutôt:
Le droit d’auteur en France accorde une clause d’exclusivité pour 70 ans après la mort de l’artiste: au delà, l’œuvre « tombe » dans le domaine public (ou plutôt: « se sauve » ). Pendant ce temps, ce sont les héritiers qui profitent de l’exploitation de l’œuvre.
Prenons un cas d’école, décrit sur Wikipedia avec le Boléro de Ravel: en l’absence d’héritier direct, autant dire que ça tombe tout droit dans la poche de la SACEM. Juste en dessous sur Wikipedia, une horreur dans les statuts de la SACEM: celle-ci interdit aux artistes de diffuser leurs créations sur internet autrement qu’en streaming, pour la promo (et encore, dans les faits ça leur est aussi interdit). Juste après, cette histoire hallucinante de la SACEM venue quémander des droits de diffusion parce que les enfants d’une école ont chanté un extrait lors d’un spectacle de fin d’année. Prenez-en note, chers professeurs d’écoles primaires: soit vous leur faites brailler du domaine public (Frère Jacques, Joyeux anniversaire, La Marseillaise…), soit vous écrivez vos propres chansons.
Ça va un peu trop loin, vous pensez ? Attendez: j’ai à peine commencé !
Outre le fait qu’un professionnel qui diffuse de la musique Creative Commons avec autorisation expresse de l’artiste (le service Jamendo Pro) sera quand même emmerdé par la SACEM (s’en foutent si les artistes ont pas signé chez eux et recevront rien de leur part), un artiste n’a aucun intérêt à être sociétaire de la SACEM. Je le mets bien en valeur, pour informer un maximum de gens que le résultat d’une telle signature c’est qu’ils se feront baiser arnaquer. Car évidemment, même si vous êtes un peu diffusé à la radio et/ou ailleurs, vous en toucherez rien. Rien du tout. Absolument rien. Vous ne toucherez que les maigres royalties de la part de votre producteur, avec comme ordre la création d’un nouvel album pour « rembourser » la promo du premier, vous serez de toute façon au RSA (ex- RMI) si vous tentez d’en vivre. cf: Sébasto et son tube « Fais la poule » . Pendant ce temps, votre producteur et la SACEM se seront faits des coui… testicules en or grâce à vous et le succès de votre œuvre. Le beurre, l’argent du beurre, le cul de la crémière et le sourire du crémier.
Tandis que vous touchez que dalle de votre œuvre qui a révolutionné la face du monde, la SACEM expliquera cela de façon très simple: « c’est le piratage » . Ils pourraient dire que les extra-terrestres ont déformé les ondes sonores de votre musique à l’enregistrement que ça serait autant crédible. Dites-vous qu’une seule chose: votre œuvre ne sera populaire que si elle est écoutée. Pour ce faire, il faut apporter la musique auprès de votre public. Les concerts c’est bien, mais il y a justement un moyen de toucher une quantité colossale de public: la diffusion sur site et la diffusion sur les réseaux de peer to peer. Ah évidemment, la SACEM vous l’interdit. Mais si vous espérez un jour avoir un petit lien sur un blog à fréquentation croissante, tout comme The Kyoto Connection ici, et à fortiori si l’administrateur est aussi inflexible que moi, la SACEM est le pire recours. Mais oui gros bêta: la diffusion en serait interdite !
Au delà des anachronismes évoqués jusque là, je ne suis pas au bout des faits qui font de la SACEM de sacrés salauds. Et plus particulièrement leurs dirigeants. Tandis que les perceptions ne cessent d’augmenter d’année en année, comment expliquer que les « petits » artistes ne touchent toujours rien ? D’un côté parce que les artistes du « top » reçoivent encore plus, de l’autre côté parce que les dirigeants de la SACEM… comment dire… ils se rémunèrent davantage. Les 10 mieux rémunérés gagnent en moyenne 257 000 euros brut par an (12 fois plus que le français moyen). +10% dans la rémunération entre 2007 et 2008 alors qu’on est en pleine crise financière et que le piratage « tue les artistes » , ça laisse songeur hein ? Le rapport de la cour des comptes sur les sociétés de perception et répartition des droits est tout sauf tendre envers, notamment, la SACEM
Vous voulez savoir la meilleure ? La SACEM ose attaquer des internautes en justice. Allez donc demander à James Climent ce qu’il en pense de la SACEM, lui qui bataille en justice depuis 3 ans rien qu’avec son RSA pour payer son avocat. Chef d’accusation ? Les internautes sont des chaînes de radio. Oui, mettre en partage de la musique sur les réseaux peer to peer c’est de la diffusion, selon eux. Et donc ça doit être payé à la SACEM. Pas de but lucratif ? Mais ils en ont rien à cirer. Maximiser les profits, au détriment de la morale s’il le faut: la SACEM me fait penser à nombre d’entreprises américaines ultralibérales, un peu comme leurs banques et assurances.
Je l’ai conseillé, à James, de demander leur avis aux artistes, de les mettre en face de la réalité: la SACEM ne joue plus le rôle qu’elle devrait jouer, elle abuse des droits que les artistes lui ont cédé. La SACEM tue les artistes et la création en général. Elle vole les perceptions des plus petits artistes en faveur des plus gros, tout en se gardant la plus grosse part du gâteau.
Concernant la SDRM, pas grand chose à dire de plus: c’est une sorte de « méga-SACEM » . La Société pour l’administration du Droit de Reproduction Mécanique est constituée à 67% par la SACEM, à 24% par la SACD, à 3% par la SCAM, 3% aussi par la AEEDRM et 1% par la SGDL. L’équivalent américain serait la célèbre RIAA. Même si cette société est majoritaire à la SACEM, elle est une entité à part entière, ce qui lui a permis de faire aussi appel du procès de James Climent, après que la SACEM l’ait fait avec succès.
Mais revenons vers les premiers concernés, et pourtant les derniers informés: les artistes. Je ne devrais pas parler des « artistes » comme d’une élite, nous sommes tous des artistes après tout.
Je n’aime pas briser les rêves, mais soyons lucides: à moins de suivre les pas de Miss Amanda du 38 (aka. Miss Sing) au point d’avoir une citation dans la page Wikipedia dédiée à votre prénom ainsi qu’une forte diffusion de Lelombrik à VideoGag en passant par Dailymotion (la classe ! ou pas), vous aurez beaucoup beaucoup beaucoup de mal à vous faire connaître. Seule certitude: Miss Amanda du 38 n’aurait jamais été aussi « célèbre » si elle avait déposé ses… œuvres auprès de la SACEM
Et des émissions comme la Star Academy, sachez que ceux qui en profitent le plus ce sont TF1 et Universal. A part la gloire, il vous restera les yeux pour pleurer devant les royalties qu’ils vous accorderont.
Vivre de votre art ? J’enfonce le clou: envisagez-vous réellement de toucher ne serait-ce qu’un SMIC en royalties après tout ce que j’ai écrit au dessus ? Soit vous êtes extrêmement chanceux (le talent ne fait pas tout), soit vous demandez la Lune.
Alors quoi ? Vivez-vous au XXIe siècle ou pas ? 1 français sur 5 dispose d’un accès internet. Si Fansub Streaming arrive à ameuter chaque jour un millier de français rien qu’avec les « moyens du bord » , alors pourquoi pas vous ?! Avoir un profil MySpace c’est une chose (vu que tous les artistes en ont un), créer un groupe Facebook aussi, Twitter à longueur de journée aussi, mettre sa musique à fond dans sa voiture pour en faire profiter un maximum de piétons aussi, distribuer des CD dans la rue aussi, profiter de la fête de la musique aussi… Mais quoi qu’il en soit, conservez vos droits d’auteur, ne déléguez à personne la gestion de vos revenus ! Il existe nombre de plateformes comme Dogmazic ou Jamendo qui vous permettront de vous faire un nom et de gagner quelques sous grâce aux dons, mais mieux encore: recueillir l’avis du public, « sonder » son intérêt pour votre musique. Après quoi, vous saurez si votre création fera un carton en concert. Autoproduisez-vous, profitez de votre art, ne laissez personne profiter de vous, et que vive la musique libre !
ps: je dédicace cet article au membre de ma famille qui a appris à jouer de la guitare et qui commence à se faire connaître rien qu’avec internet. La préservation de mon anonymat m’empêche malheureusement de mettre un lien mais tu as nos plus vifs encouragements










Hello,
nouveau rebondissement entre plateforme et sacem… je viens de visiter le site Rollingbox.com.. j’t'invite à y faire un tour … c’est HALLUCINANT
Voilà qui n’arrange pas mon opinion à propos de la SACEM, visiblement
J’ai signé la pétition… si on peut faire quelque chose…