Bonsoir les loulous
A partir de ce soir, Fansub Streaming n’est plus sous licence Creative Commons by-nd, mais sous Creative Commons by-sa (licence type Copyleft). Et si j’en crois les dispositions de cette licence, on est bien parti pour la conserver un bon bout de temps
Vous remarquerez que Wikipedia utilise exactement la même licence.
La page de la licence a été modifiée en conséquence.
Je ne vais pas redétailler ce qu’implique cette licence. Dans la mesure où elle est moins restrictive que la précédente, je vais plutôt expliquer ce qui a motivé cette décision de la changer.
Précédemment donc, la licence interdisait le partage de travaux dérivés. S’il vous prenait l’envie d’enregistrer une image sur votre disque dur et de vous amuser dessus avec Photoshop (ou GIMP), la licence vous interdisait strictement de publier l’image modifiée sur votre blog.
Pareil pour le texte d’un article: si vous le copiez et traduisiez dans une autre langue, vous ne pouviez pas du tout publier le texte traduit.
Tout récemment, lors de la création de mon premier AMV, je me suis heurté à la licence by-nc-nd sous laquelle The Kyoto Connection avait publié la musique. Si « by » et « nc » étaient d’ors et déjà respectés (paternité à la fin de l’AMV et partage non commercial), l’AMV constitue un travail dérivé de l’œuvre originale et donc, avec ma rigueur sur le respect des licences ouvertes (car je les considère comme étant les piliers centraux du partage culturel moderne sur internet), j’ai dû demander une autorisation. Autorisation reçue 4 heures plus tard, ce qui a été le feu vert pour publier l’AMV.
A partir de là, j’ai remis en question la restriction contre les travaux dérivés sur Fansub Streaming. En effet, les œuvres qui composent l’essentiel des œuvres sous cette licence sont les textes des articles.
Or, ces textes sont écrits en français (un français que je m’efforce à écrire le plus correctement possible, aussi bien orthographiquement -merci le correcteur automatique- que grammaticalement -merci à mes bouquins-). Le français est certes une langue assez répandue (France, Belgique, Luxembourg, Suisse, Québec, Maroc, Algérie, pays d’Europe de l’est, …), il se peut que des anglophones, germanophones, slaves, mandarins, japoniques, … veuillent traduire les textes dans leur langue puis les publier sur leurs propres blogs. Ce qui était interdit par la licence.
Bien sûr, il ne faut pas passer d’un extrême à l’autre: je vais vous expliquer pourquoi je n’ai pas choisi un simple « by » .
Quand je crée des œuvres, c’est avant tout pour les partager. Au-delà du simple partage, c’est également une démonstration d’un partage culturel ouvert sur internet: je veux promouvoir mes créations mais je veux aussi promouvoir la manière dont ces créations sont partagées. A chaque fois que je publie une création, c’est en même temps une publicité pour les licences ouvertes comme les Creative Commons. Parce que c’est ainsi qu’internet restera et se renforcera comme étant le plus puissant médium de la culture et de la communication de tous les temps. Parce que c’est ainsi qu’on empêchera internet de devenir une télévision 2.0 (ou minitel 2.0, c’est plus parlant), où les utilisateurs ne sont que consommateurs passifs. Ce ne sont pas des craintes infondées, la consultation publique de la commission européenne sur la neutralité du net parle explicitement et à plusieurs reprises de « consommateurs » et ça m’a fait froid dans le dos (au point que je me suis senti obligé de marquer ma désapprobation dans la réponse, en barrant le terme « consumers » et le remplaçant par « end-users » : utilisateurs finaux).
Ce partage des œuvres ouvert est donc en danger. De plus en plus en danger car les grands pontes du copyright croient, à tord, que les licences ouvertes marquent la fin du droit d’auteur: on verra d’ici peu des campagnes de dénigrement et de propagande pour diaboliser les licences ouvertes.
Face à ça, je souhaite que les créations publiées ici puissent être modifiées et repartagées. Mais je souhaite également que ces créations modifiées puissent elles-même être modifiées par d’autres personnes et ainsi de suite, pour former une chaîne dans laquelle chacun peut apporter à la création une valeur ajoutée, dans l’intérêt général pour la culture de tous. Et pour garantir cette chaîne de la valeur ajoutée, il faut que les créations modifiées soient publiées sous une licence qui autorise la modification. Autrement dit, il faut que la licence de la création originale soit transposée à toutes les créations modifiées qui en découlent.
Un type traduit mes articles en anglais et les publie sur son blog. Puis un autre type traduit les articles anglais en japonais et les publie sur son blog. Puis un troisième type traduit les articles japonais en chinois et les publie sur son blog. Etc etc… Une infinité de types peut reprendre un article traduit et le traduire dans une autre langue. (oui je sais au final ça sera comme le téléphone arabe, l’article va interprétation après interprétation perdre de sa substance, mais il ne doit pas y avoir de restriction contractuelle à cela).
Pour les logiciels une licence garantit cela, c’est même la pierre angulaire des logiciels libres dont le célèbre GNU/Linux. Il s’agit de la licence GNU General Public License (ou GNU GPL). Pour tous genres de créations, la licence correspondante est la Creative Commons by-sa. Ces licences sont d’un type que l’on appelle « copyleft » , un jeu de mot avec « copyright » et le terme « left » : laisser. Copyleft peut donc se traduire en « laissé en copie » = la création pourra toujours être copiée, même modifiée.
Pour la petite anecdote: de plus en plus d’entreprises se font taper sur les doigts (en justice) car elles copient les logiciels sous licence GNU GPL et intègrent du code source dans leurs propres logiciels, qui eux sont diffusés sous une licence incompatible (la plupart du temps un copyright standard qui n’autorise pas la copie et encore moins la modification).
Voilà, j’espère avoir fait toute la lumière sur le pourquoi de cette nouvelle licence
Bon partage o/









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